Pour des services publics de qualité


Suite à mon dernier article sur l’encadrement des dépenses de fonctionnement des collectivités locales par l’État (contrat de Cahors), je voudrais maintenant revenir sur la hausse de 9% d’impôts locaux à Clermont-Ferrand en 2016 (je rappelle aussi le 0% en 2017 jusqu’en 2020) et sur la question de la fiscalité locale.

J’assume avoir augmenté d’un coup les taxes locales de 9% pour ne plus les augmenter du tout par la suite plutôt que d’augmenter tous les ans faiblement les impôts de l’ordre de 2%.

Dans un contexte de baisse des dotations de l’État ou d’imposition de nouvelles règles qui reviennent au même, il est irresponsable de la part de l’opposition municipale de réagir comme elle le fait, à la manière des pires populistes européens, contre cette mesure.

La hausse a rapporté 9 millions d’euros au budget de la Ville, nous permettant aussi de limiter la dégradation de notre épargne, due principalement à des décisions de l’État, pour recourir moins à l’emprunt.

Ceux qui hurlent contre les impôts d’aujourd’hui reportent les dettes sur les générations futures !

Par ailleurs, l’opposition ne s’attache qu’à une présentation comptable, biaisée et mensongère s’agissant de la mauvaise gestion imputée à la municipalité.

En face des hausses d’impôts et des recettes publiques en général, nous mettons des services au bénéfice de tous les Clermontois. Il faudra bien qu’un jour, plutôt que répéter en boucle ses attaques, l’opposition nous dise où elle fera les économies qu’elle promet.

Elle se croit sûrement à la Région où les baisses de crédits de fonctionnement ou de subventions touchent au cœur les acteurs associatifs, culturels, environnementaux ou encore ceux de la formation professionnelle – mettant en péril des centaines d’emplois, mais dont la grande majorité de la population ne ressentira les effets, par pan entier de domaines d’activité d’intérêt général, que dans plusieurs années.

Ce seront alors moins de services et d’opportunités qui seront offerts aux habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes… ou plus de services privés et on verra alors si le rapport coût/qualité du service sera bien toujours au rendez-vous pour ces habitants.

Car, dans une ville, couper à la hache dans les dépenses, c’est s’attaquer à des services publics de proximité immédiate, visibles au quotidien par tous nos concitoyens : propreté de l’espace public, tranquillité publique, activités du quotidien au bénéfice des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, culture et sport de proximité…

Alors oui, j’assume de vouloir un haut niveau de services publics pour les Clermontois et j’attends qu’on me dise où on trouvera les économies à faire au-delà des habituelles généralités sur les impôts et la dépense publique.

S’attaquera-t-on à la politique de l’enfance et de la petite enfance, premier budget municipal avec près de 30% des moyens de la Ville qui lui sont consacrés ?

Aux services périscolaires gratuits alors que nous avons maintenu la semaine à 4,5 jours, autant d’activités sportives, culturelles, éducatives, d’aide aux devoirs et de loisirs éducatifs supprimés ?

Je note au passage, et pour donner un exemple concret et proche de nous, que la Ville de Lyon qui est repassée aux 4 jours a dû rendre payantes certaines activités péri-scolaires pour un coût supporté désormais par les familles. En fonction du revenu des parents,  il en coûtera entre 10 et 70 euros par enfant et par an pour les activités de 16h45 à 17h30 et de 38 à 212 euros par an et par enfant pour les ateliers du mercredi matin soit un total pouvant atteindre entre 48 et 282 euros par an et par enfant. Je n’ai pris que les chiffres qui correspondent à des tranches d’activités gratuites à Clermont-Ferrand.

Je rappelle que la hausse des taxes de 9 % en 2016 représente un coût supplémentaire de moins de 100 euros par an pour les contribuables les plus imposés, et d’environ 20 euros pour les moins imposés.

Il faut parfois rappeler les montants exprimés en euros pour mettre en perspective les débats, non sur la seule fiscalité, mais aussi sur les redevances payées par les usagers en contrepartie des services publics rendus.

S’attaquera-t-on au Pass’ culturel et aux parcours sportifs qui permettent à tous les enfants clermontois de découvrir nos musées gratuitement ou de découvrir et pratiquer de nombreux sports ?

Supprimera-t-on les séjours à la neige ou à la mer ? Combien ? Où ?

Supprimera-t-on le projet DEMOS qui permet à tant d’enfants de nos quartiers de participer à une aventure musicale sans précédent à Clermont-Ferrand ?

Supprimera-t-on les accueils en centre de loisirs du premier au dernier jour des vacances scolaires ?

L’opposition n’a que l’embarras du choix parmi les 82 mesures innovantes que nous avons prises en concertation avec les parents et les enfants depuis mai 2014 dans le cadre du plan éducatif de la ville !

Ou alors fera-t-on des économies sur l’action sociale et la santé en direction des personnes âgées ? Des personnes handicapées ?

Tiendra-t-on le discours facile sur la « distribution » de subventions quand on connaît l’implication des Clermontoises et des Clermontois dans les projets associatifs de notre ville et leur importance pour le vivre-ensemble, l’animation et le rayonnement de Clermont-Ferrand.

Je rappelle que les subventions aux associations représentent 5% du budget de fonctionnement (soit 3,7% du budget général !). Je me suis pour ma part engagé à ne pas baisser ces subventions au regard de la qualité des actions et du travail menés par les associations clermontoises.

Rognera-t-on sur le nombre de fonctionnaires au-delà de ce que nous avons nous-mêmes réalisé (non renouvellement d’un départ à la retraite sur deux), au risque de mettre en péril des services à la population ? Supprimera-t-on par exemple des effectifs de la police municipale que nous avons renforcés avec 8 policiers supplémentaires ?

En réalité, dire que la Ville n’a pas les moyens de ses ambitions, même contrainte par des mesures ne relevant pas de ses décisions propres et qui nous compliquent aujourd’hui la tâche au regard des nouvelles règles de l’État, est tout simplement un mensonge.

La Ville trouvera l’argent qu’il lui faut – sans augmenter davantage les impôts et en maîtrisant ses dépenses – pour mener à bien les actions pour lesquelles je m’étais engagé en 2014 et que je mets en œuvre avec l’équipe municipale tout au long de ces six ans de mandat.

Et je le fais en toute transparence vis-à-vis des Clermontois et de l’opposition municipale.

Nous avons pour cela créé l’observatoire des engagements où siègent 15 Clermontois-es tirés au sort (8 femmes et 7 hommes) et les représentants de tous les groupes politiques représentés au Conseil municipal.

On y traite des aménagements urbains, de l’amélioration des mobilités douces comme la place réservée aux piétons ou au vélo dans le cadre notamment du nouveau schéma cyclable voté à la Métropole le 30 mars 2018, mais aussi de la tranquillité publique, du renforcement des moyens de la police municipale.

Il rendra un rapport annuel qui sera débattu en conseil municipal au moment du vote du budget.

Mais nous avons voulu faire plus dans la participation citoyenne aux décisions de la Ville en instaurant un budget participatif. Il s’agit de réserver 5% du budget d’investissement de la Ville (soit environ 1,5 million d’euros) à des propositions émanant des Clermontoises et des Clermontois – et, dans la ville à hauteur d’enfants qui est au cœur de notre programme de 2014, y compris aux enfants à partir de 11 ans.

Participation, transparence et contrôle public des engagements en amont des élections, c’est ainsi que je conçois l’action publique locale et que je la défends.

J’attends avec impatience les réponses de l’opposition.

Publié le 10 septembre 2018